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Eclairage sur les psychotraumatismes

  • mdouilletpsy
  • 16 janv.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 27 janv.


Le psychotraumatisme est généralement définit comme l’ensemble des troubles psychiques immédiats, post immédiats et chroniques qui se développe chez une personne lorsque celle-ci a vécu un (des) événement(s) dit traumatique(s) c'est-à-dire ayant menacé son intégrité physique et psychique comme lors des violences, violences sexuelles, attentats, accidents, situations d'inceste, de guerre...

Il me semble important d'éclairer sur les spécificités de ces troubles qui peuvent s’installer durant des mois voire des années. Car ces troubles provoquent une grande souffrance mentale et bien souvent corporelle dont les conséquences sont en lien avec l'état de sidération vécu lors de l'évènement. Cet état de sidération est un choc psychologique qui provoque un blocage des fonctions supérieures du cerveau qui équivaut à un stress intense dit stress post traumatique. Ce stress outrepasse les capacités de représentation et de pensée de la personne et alimente la sidération "J'ai rien pu faire, j'étais paralysé - paralysée" c''est-à-dire que le cerveau ne permet plus la réponse émotionnelle liée à l'état d'alerte. Il faut se rendre compte que le taux d'hormones, cortisol, adrénaline notamment, sécrétés par cet état de stress est tel qu'il présente un danger physiologique pour la personne d'un point de vue cardiovasculaire (pour l'adrénaline) et neurotoxique (pour le cortisol).


Pour se défendre de cet état de sidération et donc continuer à vivre, le cerveau met en place des mécanismes de défense très puissants dont le coût psychique est très important, donnant lieu à différents troubles psychopathologiques : l'état de dissociation c'est-à-dire une non communication entre le corps et la psyché qui dissocie l'état émotionnel - la douleur - l'effroi - du vécu de la personne. Celle-ci ne ressent plus la douleur et peut également vivre une forme de dépersonnalisation comme si elle était spectatrice de ce qui est en train de se passer ou de déréalisation c'est-à-dire une perte de conscience de l’environnement réel. On parle aussi d'amnésie dissociative : il y a une mémoire de l'évènement qui rend la personne comme en hypervigilance avec des conduites d'évitement et avec des troubles neurovégétatifs en lien avec l'état d'alerte du cerveau qui se met en place dès que le danger est perçu (angoisses...) mais en cas d'amnésie traumatique, la mémoire est présente mais inaccessible. Aucune trace de l'évènement n'existe.


Et puis un jour...

La personne présente une réminiscence de l’événement traumatique comme si celui-ci avait eu lieu le jour même alors qu'il peut avoir eu lieu il y a des années de cela. La particularité de cette réminiscence est de revivre la douleur et l'émotion de façon intacte jusqu'à donner lieu à des formes qui pourraient s'apparenter à des moments hallucinatoires car la personne peut réentendre des voix, sentir les odeurs auxquelles elle a été confrontées pendant l'évènement ainsi que des douleurs corporelles. Ce syndrome peut être déclenché par un situation qui ouvre alors sur l'évènement comme une forme de déclic dans le vécu psychique de la personne telle une porte qui s'ouvre d'un coup. Il peut aussi être provoqué par une expérience sensorielle comme une sensation, un bruit, une image...Il peut aussi se traduire par des flash-back, des rêves ou des cauchemars répétitifs.


Toutefois, en cas d'amnésie traumatique due à la dissociation, l'émotion reste absente de la réminiscence. Le souvenir n'est toujours pas corrélé aux émotions c'est-à-dire que la personne n'a pas conscience de l'évènement qui a été vécu : puisqu'il y a amnésie. Il y a un état d'alerte avec des signaux d'alarme sans que pour autant la personne sache pourquoi elle a à vivre de telles alertes. Ces états sont envahissant et les enfants/adolescents mais aussi adultes qui présentent ce types de troubles ne peuvent ni se développer (pour les enfants) ni vivre tranquillement et encore moins s'investir dans leurs apprentissages. C'est l'état dissociatif qui est à l'origine de cette amnésie traumatique. Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de lien entre le souvenirs et la douleur que la personne n'est pas en danger. Les jeunes qui présentent des prises de risque extrêmes comme des mises en danger prostitutionnelle ou des idées suicidaires ou encore des attaques corporelles (scarifications) peuvent répéter à leur insu le trauma vécu dans le passé.


Il est important de recourir à une prise en charge psychologique cohérente. Certes, parfois longues notamment en cas d'état dissociatif ou d'amnésie traumatique. Mais il est essentiel de recourir à un travail de décryptage de longue haleine. Attention aux thérapies qui agissent sur les symptômes : hypnose, EMDR efficaces pour les diminuer à court terme mais ne permettant pas d'intégrer à sa vie l'évènement traumatique. Muriel SALMONA psychiatre et directrice de l'Association Mémoire Traumatique et Victimologie rappelle que ces prises en charge sont justement dissociatives puisque anesthésiantes et ne permettent pas de traiter le trauma.



 
 
 

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