"Habitudes" de psy?
- mdouilletpsy
- 22 juil.
- 2 min de lecture
Y aurait-il des "habitudes" chez les psy en séance avec leurs patients?
Je lis parfois, de ci, de là, des formes caricaturales dans la description de ce qu'est un "psy" en séance. Des clichés, voire des stéréotypes, qui reprennent ce qui peut se vivre dans la relation thérapeutique, certes avec parfois beaucoup d'humour.
Exemple d'une "habitude" de psy : il/elle ne parle pas...
Habitude? Manière usuelle d'agir...de se comporter, acquise volontairement ou non telle une seconde nature.
J'entends dans ce mot d'habitude ce qui se réfère à une forme d'automatisation du comportement, c'est-à-dire de ce qui est agit hors de toute pensée : dès lors je n'y penserais même plus puisque c'est une habitude. Les associations d’habitude se développent lorsque, en réponse à une situation spécifique comme arriver chez mon dentiste par exemple, je fais systématiquement quelque chose comme serrer ma mâchoire par exemple, qui permet d’obtenir des résultats souhaités comme me défendre face à la douleur chez ce dentiste...par exemple! Au fil du temps, l’association se renforce de telle manière que la simple rencontre avec cette situation déclenche automatiquement l’action souhaitée, sans penser. L' habitude renvoie ainsi à une forme de répétition du comportement qui exprime une contrainte : la répétition du comportement n'est plus l'indice d'un choix qu'exprimerait la personne mais une contrainte subie qui peut aller jusqu'à l'envahissement.
Pour moi, il me semble important de différencier habitude et cadre interne.
Habitude? Ou une question de cadre interne dans l’accueil de l’autre? Ce cadre interne n'est pas une habitude qui s’apparenterait à une espèce de froideur feinte! Non ! Ce cadre, mon cadre en séance, se fonde sur un travail sur moi qui offre des fondations stables à mes patients. Ce cadre est « suffisamment » solide (au sens de Winnicott) pour que vous puissiez y déposer vos affects, représentations, perceptions, souvenirs, rêves... En tant que psychologue clinicienne, je me dois aussi de tenir face à des ressentis parfois traumatiques chez mes patients, ceux que peut-être vous vivez et qui sont autant de sources sidérantes qui peuvent aller jusqu'à paralyser votre pensée et/ou votre corps. Tenir au sens du lien mis en défaut et rupture dans la relation du fait du traumatisme encrypté et qui fait répétition pour vous. Tenir au sens de ne pas moi-même être paralysée par contagion psychique mais de le penser afin de vous en proposer une traduction et entamer une transformation vou s permettant de vivre.
Alors habitudes? Non…
Travail sur soi intense? …Oui
Habitude renverrait à un « non pensé » là où le travail sur soi appelle au contraire à ce qui est pensé, éprouvé, déplié décondensé pour soi en tant que psychologue clinicien pour être en capacité d’en reconnaître ce qui se dit avec vous pour vous et pour que vous puissiez enfin déplier vos propres éprouvés. C'est là que s'entend la neutralité du clinicien : non pas dans des attitudes feintes mais au sens d'une subjectivité reconnue et travaillée pour soi et qui permet de faire la place à vos propres ressentis et mouvements psychiques sans les amalgamer / les confondre avec les miens!
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