"Habitudes" de psy?
- mdouilletpsy
- 22 juil. 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 8 mai
Y aurait-il des "habitudes" chez les psy en séance avec leurs patients?
Je lis parfois, de ci, de là, des formes caricaturales dans la description de ce qu'est un "psy" en séance. Des clichés, voire des stéréotypes, qui reprennent ce qui peut se vivre dans la relation thérapeutique, certes, avec parfois beaucoup d'humour.
Exemple d'une "habitude" de psy : il/elle ne parle pas.
Habitude? Qu'est-ce qu'une habitude?
Manière usuelle d'agir...de se comporter, acquise volontairement ou non telle une seconde nature.
L'habitude n'est-il pas ce qui se réfère à une forme d'automatisation du comportement? C'est-à-dire de ce qui est agit hors de toute pensée. Dès lors je n'y penserais même plus puisque c'est une habitude.
Les associations d’habitude se développent lorsque, en réponse à une situation spécifique (comme arriver chez mon dentiste), je fais systématiquement quelque chose (comme serrer ma mâchoire), qui permet d’obtenir des résultats souhaités (comme me défendre face à la douleur chez ce dentiste...par exemple!) Au fil du temps, l’association se renforce de telle manière que la simple rencontre avec cette situation déclenche automatiquement l’action souhaitée : donc sans penser. L' habitude renvoie ainsi à une forme de répétition du comportement qui exprime une contrainte : la répétition du comportement n'est plus l'indice d'un choix qu'exprimerait la personne mais une contrainte subie qui peut aller jusqu'à l'envahissement.
Pour moi, il me semble important de différencier habitude et cadre interne.
Que serait-ce un cadre interne dans l’accueil de l’autre? Ce cadre interne n'est pas une habitude qui s’apparenterait à une espèce de froideur ou de distance feinte! Non ! Ce cadre, mon cadre en séance, se fonde sur un travail sur moi qui offre des fondations stables aux patients. Ce cadre est « suffisamment » solide pour que vous puissiez y déposer vos affects, représentations, perceptions, remémorations, rêves... En tant que psychologue clinicienne, je tiens au sens de tenir psychiquement de par mes assises face à des ressentis parfois traumatiques chez les patients. Des ressentis psychiques traumatiques que peut-être vous vivez et qui sont autant de sources sidérantes qui peuvent aller jusqu'à paralyser votre pensée et/ou votre corps. Tenir au sens de tenir le lien qui est justement mis en défaut et fait rupture dans vos relations du fait du psycho-trauma encrypté et qui fait répétition pour vous. Tenir le lien afin de le penser en séance avec vous: de vous en proposer une traduction et entamer ainsi une transformation vous permettant de vivre.
Alors habitudes? Non…
Travail sur soi intense? …Oui
Habitude renverrait à un « non pensé » là où le travail sur soi appelle au contraire à ce qui est pensé, éprouvé, déplié décondensé pour soi en tant que psychologue clinicien pour être en capacité d’en reconnaître ce qui se dit avec vous pour vous et pour que vous puissiez enfin déplier vos propres éprouvés. C'est là que s'entend la neutralité du clinicien : non pas dans des attitudes feintes mais au sens d'une subjectivité reconnue et travaillée pour soi et qui permet de faire la place à vos propres ressentis et mouvements psychiques sans les amalgamer / les confondre avec les miens.
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